Nous poursuivons nos interviews suite aux conférences de Novembre 2013 avec Cyril CLOUZEAU. Enseignant à ISOstéo et à la tête de l’Unité Recherche d’ISOstéo. Parmi les outils possible pour l’Ostéopathe de demain, il y a la « Thermographie ». Cyril est venu nous en dire un peu plus.

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– Bonjour Cyril, vous êtes venus nous parler de la thermographie. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

  • Bonjour, je ne suis pas du tout utilisateur de cette technologie, mais j’ai eu l’occasion de tester une caméra pour savoir si nous pouvions l’utiliser comme outil de mesure dans des protocoles de recherche, et la réponse est clairement négative. C’est une mesure de surface, trop sujette aux variations environnementales, aussi, si cela peut constituer un bon outil pédagogique, je ne vois pas plus d’intéret à apporter à cet outil onéreux dans le secteur de la recherche.

– Quel en serait l’intérêt pour un ostéopathe ?

  • Diplomatiquement, montrer à son patient un Avant / Après, mais la sensation de mieux être du patient devrait suffire, donc, je me prononce sur l’inutilité d’une telle acquisition dans le cadre d’un cabinet. Le seul cadre pédagogique me semble pouvoir être un moyen d’étalonner sa main, et de proposer une vision de l’invisible à l’œil nu.

– Quels sont les messages que vous vouliez faire passer au cours de votre conférence ?

  • 1 : De ne pas céder à la facile tentation de faire reposer ses espoirs sur un outil magique mesurant évaluant l’ostéopathie, alors qu’il faut partir du départ, des fondements et principes guidant l’ostéopathie.
  • 2 : D’être vigilant quant à la lecture d’article, manquant parfois de méthode, et proposant des résultats hasardeux, ne constituant que du bruit, et certainement pas la symphonie attendue pour l’ostéopathie.

– Voyez-vous un jour la thermographie entrée dans les cabinet d’ostéopathie ? Si oui, comme une aide diagnostic ou d’évaluation à l’efficacité d’un traitement ?

  • Clairement non

– Vous êtes à la tête de la section Recherche au sein d’ISOstéo. Quel est pour vous l’intérêt de la Recherche pour l’Ostéopathie ?

  • Un intérêt et majeur, visant à déplier l’ostéopathie, trop restée protégée de l’analyse critique, et de l’évaluation, à laquelle elle se prête volontiers si on choisit le bon angle d’approche, qui ne repose pas exclusivement sur le modèle positiviste et cartésien, mais plutôt par une étude plus qualitative, pour n’oser dire systémique, anthropologique, sociologique, psychologique, philosophique, offrant l’exploration de toutes les dimensions de notre médecine.

– Un petit mot de conclusion ?

  • Oser, oser vraiment, tenter d’expliquer, oser déconstruire, explorer nos actions, nos définitions, et se rapprocher des universités, des lieux où la recherche vit, car c’est possible et c’est tout à fait d’époque.
  • Il serait temps de donner à l’ostéopathie sa vraie place, sa vraie dimension, car nous parlons d’une autre médecine, qui mérite, tout à fait une épistémologie rigoureuse.
  • 2014 verra des études cliniques naître, et des propositions nouvelles pour l’ostéopathie notamment dans la thématique de la douleur, par définition subjective, tout comme l’ostéopathie.
  • Il s’agit donc d’oser s’étudier, pour déployer des arguments raisonnés et raisonnables, plutôt que de courir absolument à la vérification de la falsifiabilité des nos traitements ostéopathiques.
  • Sortir de l’enfance ostéopathique et entrer dans l’âge de raison.
  • Voila mon souhait, et ma proposition conclusive.